Carnet #9 – Figure lumière

L’ilôt n’est accessible qu’à marée basse. Ses falaises tombent triangle. Le sens n’est ni tout entier donné, ni construit de rien. Il engage la possibilité de l’acte libre en tant qu’il se tient à la charnière entre contact et concept. Il n’est d’expérience pure. Tôt, nous avons appris à voir. Il n’est de mot, en retour, qui ne doive quelque chose aux vécus, qu’il figure et invite. Le soleil m’éblouit. La marée monte, vague après vague, au rythme d’une respiration. 

Le temps est clair. Le vent souffle fort. La roche est très blanche, les fougères pleines de lumière. Les mots n’épuisent pas l’abondance vécue. Cependant, le contact ne fonde pas le concept. Il nous faudra sortir de l’ornière de l’origine (mieux, comprendre ce qui était visé par cette question mal posée). Les cris d’oiseaux résonnent en contrebas. Quel message portent-ils ? Les bras tortueux des pins s’ouvrent vers le ciel.

Une figure est lumineuse quand son contraste est net, quand elle tranche sur l’ombre. La nature n’est pas un livre, mais la vie non plus un chaos. Je cherche à saisir ses lignes et ses courbes, son ordre, son rythme. Je ne suis pas au contact du réel quand ma représentation ne le transforme en rien, mais quand mes actes l’atteignent. Il faut reprendre la route. 

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