Carnet #5 – Contact

Il y a cette force qui vous prend. La côte se redresse. La vie en avant, là où envoie le vent. Dans la rocaille, des marches sont déjà taillées. Vois le sentier que tu voulais. Aie le courage de ton désir. Il faut se lever. Percevoir n’est pas se représenter. Les philosophes peuvent moquer le sens commun des terrassiers, des ouvriers – ils le leur rendent bien – seule une pratique singulièrement rétrécie, assise, peut conduire à concevoir la perception comme une représentation ou une lecture.

Percevoir, c’est d’emblée participer au monde. Primat du contact. Ça monte. Les jambes chaudes, le soleil fort. Le sentier louvoie entre les épines. A l’aplomb, l’écume racle les rocs. Les cormorans guettent leurs proies. Nous ne sommes pas enfermés dans nos représentations : il suffit de sortir au grand vent pour le comprendre. Sentir le sol – pierres et racines – le froid, la soif. Être vivant dans un milieu.

R. P.

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