Carnet #14 – Terme

Sable beige et galets gris. Nuages. Maisons blanches aux volets bleus. Ce peu de couleurs dépasse pourtant les possibilités de l’encre. Il peut sembler alors qu’une photographie ferait immédiatement mieux. Mais s’y perd le geste, par lequel la main, après le regard, cherche la forme. C’est cette manière naïve de retrouver la vie que j’ai cherchée. Façon de faire résonner dans mon propre corps le mouvement qui organise le réel. Les plis de la roche, le gonflement des vagues, les formes végétales.

La houle est forte, les alentours austères. Je reconnais le cordon de galets qui annonce la fin du périple. A mesure que j’approche du but, une grande émotion s’empare de moi. La pointe est encore enveloppée dans la brume. La pluie picote mon visage. Les torrents sont en crue. Les obstacles participent à la grande vie, ils lui donnent sa hauteur. Sans effort, il n’est de sentiment d’accomplissement. Se retirant les vagues laissent sur la plage noire leurs dentelles. Je prends dans mes mains ce peu d’écume, qui s’envole bientôt.

R. P.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s