Carnet #12 – Le temps de la parole

Grand bloc dressé. Les mots assignent une positivité à l’inconnu. Le temps vécu est tout différent. Il y a le rythme des pas – ce n’est pas non plus celui de l’horloge – il y a les moments creux, d’ennui ou de distraction. Le texte ordonne ces brumes en figure, il trace et ordonne. Même si les vagues ont une période, elles ne se brisent jamais tout à fait de la même manière. Elles déferlent en grondant. Il y a dans cette violence une beauté qui saisit, interrompt. En mouvement, elle échappe au texte et à l’image. Il ne reste à la fin qu’un éclat de voix, qui coupe le temps du récit. Ce sont ces angles que je cherche, de tout mon corps.

Les poètes parcourent telle ligne de de crête, à la recherche de l’événement, par le temps sonore d’une parole, qui reste toujours à proférer. Le temps de l’écriture est ouvert vers vous « frères humains qui après nous vivez ». L’événement poétique, ni éternel, ni instantané, est la promesse d’une vie renaissante, par-delà les existences singulières. Combien d’yeux ont vu ces rocs surplomber l’océan ? Combien les verront encore ? Pierreux, le sentier fraie entre ajoncs et bruyères. La grande lumière taille les rocs blancs.

R. P.

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