Carnet #11 – Au bout de la peine

Dans la côte raide, je croise deux gars qui me saluent d’un « T’es pas au bout de ta peine ! » Mais justement, je ne veux pas être au bout de cette peine. Au pied de la lettre, la douleur-même est une saveur de ce festin qu’est la vie, son sel. Non que le négatif se suffise à lui-même, mais il me fait plus sensible – polarité. Le chemin tourne, il change en se répétant. Ellipses et méandres, du désir, de l’attention. Cette mise à l’épreuve du corps est à la fois un exercice de concentration. Il faut alors rassembler ce qui s’est stratifié sans ordre, non sur le mode du système, mais au concret de l’organisme.

Je vois désormais, plein Nord, les deux pointes que j’ai parcourues. Obstacles et ellipses participent à la concentration. Ecrire en marchant est une autre manière de vivre le temps. Le texte à son tour, lu, marchera. Il invite une série d’actes. Le langage ouvre dans le temps des passages, il l’ajoure. Le texte est le corps transfiguré de la parole. A la pointe, le vent souffle à nouveau. La lumière est vive. Le récit ne coule pas, il a les angles d’un itinéraire contrarié. Récif désigne ce point où l’obstacle devient chemin.

R. P.

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