Carnet #3 – Rythme

La liberté a son rythme. La joie aussi. Celui de la marche me permet de penser. Plus jeune, une fréquence plus courte ; l’intensité du désir cependant doit peu à peu s’inscrire dans la durée d’un projet. Un itinéraire et ses étapes. La vie a ses temps. Et puis, il faut bien faire avec le vent. Chercher la fréquence juste, entre les essoufflements et l’ennui. Savoir quand respirer. Les coques colorées filent entre les bouées, le vieil homme les regarde du bord. La joie vibre de multiples façons.

Je remonte l’aber au petit jour. Le sentier est encore enveloppé dans la pénombre. On devine à travers les feuillages l’eau claire, striée seulement de cris d’oiseaux. La bruine tapote les feuilles. On n’est pas plus libre, plus juste, en niant ses affects, ni en les dominant, mais en leur donnant un rythme, qui pourra être dansé à deux, à plusieurs. Le vent se lève, on entend sa voix dans les arbres. Les contours se découpent peu à peu. Sur l’autre rive, certains rochers ont la forme d’animaux. 

Aujourd’hui il pleut beaucoup. Je suis dans un café, j’entends les récits. Il y a de multiples formes de vie accomplies, et il peut toujours y en avoir de nouvelles. Nous ne pouvons décider a priori de ce qu’est la vie bonne. Chacune implique cependant de reconnaître ce qui fait sens, et de s’organiser vers cela. Le repérage jalonne les écueils et les remous du désir, les moments où ça souffle fort. Il faut trouver son rythme. Habitudes, accélérations, arrêts. La régularité du pas, l’alternance des étapes.

R. P.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s